Samedi 3 juillet 2010
6
03
/07
/Juil
/2010
00:16
Ici s'achève mon « Combat ordinaire ». Ici s'achève deux ans de ma vie. Ici s'achève mes mensonges, mes passions, mes angoisses et mes cauchemars. Ici s'achève cette traduction d'une
succession de crise d'angoisse. Ici s'achève ce qui aura été une ridicule mise en scène de moi-même.
En écrivant ses articles, je comptais jouer sur l'incertitude qui existait entre moi-même et un moi différent, un moi narrateur qui ne pouvait être le moi de chair et d'os, mais une fiction qui
se prétendait réelle. Ce fut un échec.
Dans aucun article je ne suis parvenu à détacher ma personne de mes création. Tous ces textes reposent sur un sentiment incontrôlable qui m'a habité, sur une angoisse bien souvent que je
cherchais inconsciemment à canaliser à travers l'écriture ; mais au lieu d'avoir été un canalisateur, l'écriture a jouer le rôle de catalyseur.
Ecrire à nouveau serait une erreur, une hérésie même pour ce que je considère comme ma « philosophie de vie ». Philosophie au sens plein, stoïcienne, qui continue d'être mienne malgré
un détour du côté du romantisme exacerbé.
Je ne veux plus aimer la beauté dans l'angoisse, je ne veux plus admirer le tourment dans ce qu'il a de terrible ou de commun. Ce qui blesse est certes ce qu'il y a de plus beau, de plus noble,
mais peut-on s'en satisfaire ? Quand je soulage mes angoisses sur ces pages je suis esclave de mes jugements, je n'ai plus de recul... Je ne prends pas de hauteur.
Aujourd'hui j'ai décidé à nouveau de fuir, en gardant mes œillères : je n'ai pas la carrure pour avoir des regrets, je n'en ai pas la force.
Alors au lieu d'avoir des regrets et d'en faire part, je crois que je vais les garder pour moi.
Ce sont ici mes derniers mots sur ce blog.
A quoi ça sert de me livrer à des gens que je ne connais pas, ou bien à des gens qui ne se livrent pas. Mon intimité – même intellectuelle, morale ou psychologique, appelez ça comme vous le
souhaitez – ne peut être délivrée à quiconque sans preuve de confiance. La confiance et les confidences doivent faire l'objet d'un échange. Si vous lisez ses lignes et que vous ne me parlez
jamais de ce que vous ressentez, vous êtes coupables d'un certain voyeurisme, vous manquez d'honnêteté envers moi et envers vous-même.
Mais vous avez raison : je suis le premier coupable et responsable de ce que je publie.
Donc j'arrête cette mascarade.
Le courage d'écouter les autres n'en est pas un sans confrontation.
Prenons ça comme un défi.
« "Alors, adieu ?
– C'est ça !"
Alors brusquement, il se retourna et s'en alla sans même jeter un dernier regard. »
Brumaj